Belgium-Russia: space as a link

Le 12 avril, la Russie et différentes ex-républiques soviétiques célèbrent la Journée des Cosmonautes, preuve s’il en est de la fierté qui anime ces nations, même soixante ans après l’exploit de Youri Gagarine.


L’inauguration officielle aujourd’hui, en Belgique, à l’Euro Space Center d’une salle au nom du premier homme à s’être affranchi de la gravité terrestre offre une occasion unique pour le pays de réaffirmer son rôle dans la conquête de l’espace et de souligner ses liens avec la Russie sur le plan spatial. Centre d’interprétation et parc d’attraction destiné à faire découvrir l’espace et les métiers qui lui sont associés de façon ludique, l’Euro Space Center ajoute une belle dimension historique à son dispositif muséal avec cette nouvelle salle Youri Gagarine.

La Belgique et la Russie ont connu par le passé des périodes plus riches en termes d’échanges. Les tensions entre l’UE et la Russie autour de la Crimée en 2014 ont débouché sur l’adoption par la Belgique d’une batterie de sanctions de nature à rompre pas mal de ponts sur le plan commercial. Nos horticulteurs en souffrent toujours…


A l’inverse, heureusement, au niveau spatial, les relations entre les deux pays sont restées très constructives, permettant à la petite Belgique de se tailler la part du lion dans le domaine, compte-tenu de sa taille très réduite. En effet, avec deux astronautes, Dirk Frimout et Frank De Winne, sur un effectif total d’un peu plus de 500 élus en soixante ans, c’est plus qu’honorable. Sans oublier Tintin, Haddock, Tournesol et les Dupont-Dupont qui furent les premiers à marcher sur la Lune.


C’est dans un esprit mû par la coopération entre les deux pays que ce projet de salle Gagarine porté conjointement par la Maison Russe à Bruxelles (Centre Culturel de Russie) et l’Euro Space Center a pu se concrétiser, exactement soixante ans après l’exploit, sous les auspices d’Alexander Tokovinin, Ambassadeur de Russie en Belgique.


2021, Odyssée de l’Espace


En 2001 Frank De Winne a démarré son entraînement à Moscou, dans la célèbre Cité des Etoiles. Un an plus tard, il a le privilège de devenir le premier commandant européen de la Station Spatiale Internationale.


Aujourd’hui, l’économie spatiale a fortement évolué et s’est considérablement développée. De nombreuses sociétés belges sont actives dans ce domaine innovant, certaines depuis longtemps. C’est le cas par exemple de Spacebel active dans le segment du software spatial qui couvre l’ensemble du process : sur le lanceur, sur le satellite et au sol. Créée en 1988 la société emploie une centaine de personnes, génère un chiffres d’affaires d’environ 15 millions € et peut s’enorgueillir d’avoir participé à 45 missions spatiales réussies comme l’explique Michel Gruslin, directeur commercial. Ses clients traditionnels sont l’ESA, le CNES, Thales, ..


Mais l’espace offre de plus en plus de possibilités pour offrir des solutions de gestion de données pour un nombre croissant d’acteurs qu’il s’agisse de municipalités désireuses de surveiller des mouvements de sols, de gestionnaires de forêts soucieux de l’état de certaines espèces d’arbres ou de propriétaires de mines. La miniaturisation du hardware démultiplie ces possibilités ouvrant ainsi la voie à toute une économie, sans compter tous les pans qui interviennent dans les domaines des télécommunications ou de la défense. Il y a aussi un revers à la médaille : la pollution par les débris. Pour l’heure, aucune législation n’a pu être formalisée. Néanmoins, les modèles mathématiques laissent entendre que la masse critique de débris qui jonchent l’espace est suffisante pour qu’il soit impossible à terme d’éviter les accidents. Chaque accident venant alors faire augmenter le risque de façon exponentielle. C’est pourquoi des programmes de « nettoyage » de l’espace sont très sérieusement à l’étude comme nous le confirme Spacebel qui a été approchée par deux entreprises à la pointe dans le domaine.


New Space


Si la Nasa, Roscosmos, l’ESA, ou le CNES sont les acteurs de l’industrie spatiale historique, une nouvelle génération d’entreprises a vu le jour depuis qu’une poignées de milliardaires américains lassés de jongler avec les zéros avant la virgule se sont sont lancés dans la course aux étoiles se disant que The Sky is no longer the limit. Ils ont débauché à coup de salaires stratosphériques du personnel de la Nasa. Certains projets à visée touristique comme un vol de quelques minutes à 100km au-dessus de la terre précédé d’un stage d’une semaine dans le désert se précisent.


L’effet boule de neige a permis à de nombreuses petites sociétés de venir se greffer sur ces projets. Bien que la Commission européenne s’intéresse beaucoup au sujet, la rentabilité de cette filière du New Space n’est pas démontrée. A tel point, qu’en période de Covid, elles ont été nombreuses à demander de l’aide auprès de la Nasa… privant donc celle-ci d’autant de ressources pour développer le spatial « historique », qui n’a pas dit son dernier mot.


Soixante ans après le premier exploit, la conquête spatiale a encore beaucoup à apporter à l’humanité. L’inauguration officielle de la salle Youri Gagarine à l’Euro Space Center est un événement qui entend marquer toute l’importance de ces 108 minutes de vol qui ont modifié à maints égards le destin de l’humanité. Et puis, sans Youri Gagarine, les nuits des enfants d’aujourd’hui ne seraient pas constellées de rêves aussi grands.


Tatiana Hachimi / https://b-mag.news/belgique-russie-lespace-comme-trait-dunion/?fbclid=IwAR2Y1paeQBVYJfO1MoJxyX_V6cjU2SvntEL5iz3eDxUMbjdhukvCt8Pf7rc

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